Affaires abîmées, moqueries, insultes, ces micro-violences, si elles sont répétées, constituent ce qu’on appelle le harcèlement, un fléau qui touche 1 enfant sur 10.

« Ne vous asseyez surtout pas à côté de Jade, il pue ». Ou : « Tu as trouvé tes vêtements au secours populaire ? On dirait un clodo ! »

Ou encore, Jade est pris en photo à son insu. Sur cette photo, un bout de son ventre dépasse de son tee-shirt. Un élève fait circuler la photo sur les réseaux sociaux avec la légende « gros porc ».

Voici quelques situations que malheureusement, de nombreux jeunes rencontrent un jour.

L’année dernière, une amie me demande de l’aide pour sa fille de 12 ans, Maya qui se fait harceler par son ex-meilleure amie, que l’on appellera Capucine.

Lorsque j’ai demandé à Maya si elle savait pourquoi Capucine lui faisait cela à elle et pas aux autres, elle m’a répondu que c’était parce qu’elle savait que cela lui faisait du mal et qu’elle ne savait pas se défendre.

Effectivement, la réaction d’un enfant ou d’un jeune (et d’un adulte aussi d’ailleurs) peut être la cause du harcèlement ou tout au moins peut faire durer la situation. Il est donc primordial de faire prendre conscience de cela au jeune harcelé et de l’aider à modifier sa posture.

Pour cela, il faut lui donner des « outils » pour se défendre (verbalement) et lui donner le sentiment qu’il pourra s’en sortir et s’en sortir seul (sauf s’il est en danger physique, auquel cas, il doit demander de l’aide à un adulte).

Il s’agit de l’aider à changer la perception de son identité et sa réaction (langage verbal et non verbal).

Bien sûr, ce qui suit est préconisé dans les cas où le harcèlement intervient sous forme « d’attaques petites, répétitives et blessantes », comme le décrit le psychiatre Philippe Aïm.

La méthode d’Izzy Kalman, psychologue scolaire américain, insiste sur plusieurs principes à transmettre :

1) Nous devons traiter les gens comme nous voudrions qu’ils nous traitent

2) Je vais être heureux même si tu me détestes

3) Tu as le droit de penser cela mais cela ne veut pas dire que c’est vrai

Tout peut se résumer ainsi : Montre-leur qu’ils n’ont pas le pouvoir de te toucher… ils ont le droit d’essayer mais tu peux décider qu’ils n’y arriveront pas.

Facile à dire ! Mais comment s’y prendre ? Voici quelques conseils :

·        Garder la tête haute (sans paraître arrogant), ne pas courber le dos

·        Renvoyer gentiment une question

  • Complimenter :

Tu as de la chance, toi, d’être

J’aimerais être comme toi

  • Utiliser l’humour

C’est marrant, on me l’a déjà dit !

Et encore, t’as pas vu ma mère !

– Elle est bonne celle-là !

 

Mais attention, il faut persévérer. La situation commence souvent par se détériorer avant de s’améliorer. A partir du moment où l’enfant commence à modifier sa posture, sa réponse doit toujours être alignée à cette démarche, 100% du temps.

 

Vous pouvez entraîner votre enfant pour qu’il se sente à l’aise avec les réponses qu’il doit fournir. Et bien sûr, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un professionnel si besoin.

 

Dans le cas de Maya, je l’ai revue plusieurs mois plus tard. Voici sa réponse quand je lui ai demandé si Capucine avait continué à l’embêter : « elle n’a jamais recommencé depuis que je t’ai vue parce que je savais quoi lui répondre et du coup, elle le sentait ! »

 

Pour s’entraîner : Jeu TAKATTACK à la récré, édition si-trouille

 

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=3I4aw3RTuDY

Lecture : Harcèlement scolaire – Le guide pratique pour aider nos enfants à s’en sortir de Philippe Aïm : https://livre.fnac.com/a14810056/Philippe-Aim-Harcelement-scolaire-Le-guide-pratique-pour-aider-nos-enfants-a-s-en-sortir

 

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